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Qui est abîmé dans cette merveille infinie de la suprême Vérité, est à l’abri de toute misère.(Ste Thérèse-Avila-Excl.144)

LIVRE :« Bénie par la Croix »
L’expiation
 dans l’œuvre et la vie
d’Edith Stein

Par PèreChristophe J.Kriujen

 

Editions Tempora 2009

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En ces temps de souffrance morale dans le monde et l’Eglise, il nous a semblé que le thème de l’expiation, telle que Edith Stein l’a entendu et vécu pouvait être une lumière sur notre route pascale, un moyen de « participation » à la purification des cœurs par union à Jésus dans son geste Rédempteur.

Par des extraits de mes notes de lectures, je vous propose d’explorer un tout petit peu la notion d’expiation dans le livre présenté ci-contre, qui mérite évidemment une lecture complète.

Nous savons combien la fête juive de Kippour (du Grand Pardon), jour de  la naissance d’Edith, a marqué sa vie pour toujours.

L’origine juive d’Edith Stein va lui permettre de lier profondément les deux Testaments de l’Ecriture, ce qui est fort précieux pour nous.

Page 62 : « Edith Stein comprend le jour des Expiations non pas comme celui des châtiments, mais comme celui du Grand Pardon. Le Yom Kippour est à la fois jour de fête et de pénitence ; le verdict divin n’est pas une fatalité mais la condamnation peut être transformée en salut grâce à la conversion.(…)

« En se reconnaissant pécheur, solidaire de tous les pécheurs, et en offrant le sacrifice pour le péché, l’homme se dispose à recevoir le pardon de Dieu ; et Dieu réalise alors le projet de son amour éternel en se montrant propice
(c’est l’étymologie de l’expiation), c’est-à-dire en pardonnant, en purifiant l’homme et en lui communiquant sa vie. »  
 
Voir :Exemple vécu de Ste Thérèse de Lisieux.

Pages 60-61 : « Le jour de la Réconciliation est dans l’Ancien Testament la figure du Vendredi Saint. CommunionLe bélier qui était égorgé pour les péchés du peuple représentait l’agneau sans tache [ …]Et le grand prêtre de la descendance d’Aaron est l’ombre du grand prêtre éternel. » L’usage du vocabulaire expiatoire va découler tout naturellement de ce contexte…Le Jour de la Réconciliation ou jour des Expiations (cf. Lv 16) préfigurait la prière de Jésus grand prêtre cf. Jn 17) Le sacrifice éternellement actuel du Christ sur la croix, au cours de la sainte Messe et dans la gloire éternelle du ciel est ainsi “ sacrifice pour les péchés ” autant qu’action de grâce, eucharistie “ pour la Création, la rédemption et l’achèvement final ”. L’offrande que le Christ fait de Lui-même est efficace. Par elle la création est rachetée (Entsühnt) les fidèles en même temps que les offrandes sont transformées. Elle “ leur ouvre le ciel et les rend capables de rendre grâce à Dieu d’une manière qui lui soit agréable  ”. Le Sang du Christ est le rideau du Temple à travers lequel nous pénétrons dans le Saint des Saints de la vie divine (…) Il ouvre nos lèvres pour entonner le chant de louange, pour prier la prière de réconciliation. »

L’Eucharistie, moyen privilégié d’Expiation :
page 65 : Dans une lettre à Petra Brûning du 16 juillet 193, Edith Stein précise :
« Le Saint Sacrifice de la Messe est identifié au sacrifice unique qui accomplit et actualise tous les sacrifices anciens qui le préfiguraient. Pour le qualifier plus exactement, Edith Stein va recourir à la terminologie sacrificielle du Lévitique. La Messe est ainsi simultanément appelée :
      -   
Sacrifice pour le péché ( Sündopfer ; cf. lévitique 4) Offert par l’humanité pécheresse à travers son grand prêtre afin d’obtenir l’expiation (Entsühnung) et l’accès devant la Face de Dieu.

-          Sacrifice de paix (Friedopfer ; Lévitique 3) dans lequel ceux qui ont bénéficié de l’expiation sont conviés au repas sacrificiel.

-          Sacrifice total c’est-à-dire holocauste (Ganzhopfer ; Lévitique 1) dans lequel le Christ s’offre en tant que tête de l’humanité et roi de la création avec tout le créé à la divinité souveraine et suprême.

Elle ajoute que cette action sacrificielle est exprimée et accompagnée par des chants d’offertoire.
Quant aux Psaumes de détresse, ils expriment la supplication en vue d’obtenir l’expiation.
La Messe ne se limite cependant pas à sa dimension de sacrifice et d’expiation. L’auteur n’oublie pas de mentionner d’autres aspects tel celui de préfiguration du banquet eschatologique…et l’adoration du Très Haut par toute la création en une liturgie commune à la terre et au ciel. »

Comment en vivre aujourd’hui ?

Page 63 « Dans le prolongement de son écrit La prière de l’Eglise , Edith Stein  aborde à plusieurs reprises la célébration de l’Eucharistie en lien avec sa dimension expiatoire...C’est en elle qu’Edith puise sa force et sa nourriture.
Ma première heure, la Messe du matin, appartient au Seigneur. Le labeur du jour dont Il me charge, voilà à quoi je veux m’atteler et Il me donne la force de le mener à bien. Aussi je veux m’avancer vers l’autel de Dieu. Il ne s’agit pas ici de moi ou de mes toutes petites affaires mais du grand sacrifice expiatoire (Versöhnungsopfer, littéralement : sacrifice de réconcilliation ”)
Et elle ajoute qu’elle peut y participer, s’y laver (reinwaschen,d’où une dimension de purification) et se joindre avec tout son agir et sa souffrance à l’offrande sur l’autel….En tant que membre de Son Corps, animé par Son Esprit, nous nous offrons nous même en sacrifice “par Lui, avec Lui et en Lui, et nous unissons nos voix à l’éternelle action de grâce. 
Page 64 : « dans une conférence en 1931 elle demande : “Qui pourrait assister au Saint Sacrifice de la messe, le cœur et l’esprit ouverts, sans être pris par l’esprit de sacrifice et par le désir de se fondre, lui et sa pauvre vie personnelle, dans le grand œuvre du Rédempteur ?